Il était une fois une vie culturelle autant intense que méconnue hors de ses frontières linguistiques naturelles, celles du Pays Basque.
Pourtant Dieu seul sait peut-être répertorier son infinie variété, souvent assise sur une base populaire lointaine, paysanne et simple, tels les contes, poèmes, légendes ou les danses basques si colorées et particulières dans l'enroulement mystérieux des flûtistes bergers.
Même le sport national basque, la pelote, est en soi toute une culture, faite de créativité autant que d'attachement au passé, à nulle autre pareille. C'est que l'art comme la pensée basques n'ont aucune honte à s'enraciner dans l'histoire. Ce peuple ne renie rien de son passé, il n'en est pas seulement fier, la culture de ses ancêtres lui reste presque aussi indispensable que l'air qu'il respire. Si cette culture n'a pas rayonné ailleurs, c'est bien sûr parce qu'elle s'est toujours exprimé, logiquement, dans sa langue, laquelle n'est perçue qu'ici. Ceci explique que seuls l'architecture et la peinture basques soient internationalement reconnues. Ainsi par exemple Ramiro ARRUE ( Bilbao 1892 - St Jean-de-Luz 1971 ) a-t-il conquis une notoriété internationale. Il n'est en effet point besoin d'être basque, pour admirer l'oeuvre de ce peintre de la beauté, qu'il exprime par des couleurs tellement douces qu'elles en semblent caresser les courbes calmes du dessin. Un peintre dont l'oeuvre s'inscrit dans un climat où le rêve le dispute au réalisme des visages,
les fauves couleurs de l'automne apparaissent comme sereinisées par les courbes féminines des montagnes et vallons, où des ciels parfois fatigués semblent de guerre lasse devant la vigueur puissante des personnages basques, autant de conflits que les tons sourds du peintre apaisent si merveilleusement. ARRUE n'est pas seulement le peintre de la race basque. Il est honnête et réaliste. Aucune concession, son réalisme confine parfois presque jusqu'au primitif. Ramiro Arrue ne travestit pas plus la vérité que l'intimité ou l'émotion. Il est tout simplement le peintre d'un Pays Basque que lui seul sait si parfaitement voir et suggérer.
De nombreuses expositions sont régulièrement consacrées à ARRUE. Elles valent vraiment de s'y rendre. Un non basque apprendra certainement plus sur l'esprit basque en contemplant ses oeuvres durant quelques heures qu'en parcourant les pyrénées occidentales des mois durant.
le perroquet basque 