
Tout le monde ou presque pense savoir ce que sont et de qui se composent les classes moyennes en France. Dans l'esprit général ce sont les 75% des familles françaises qui se situent entre les 20% de ménages aux revenus égaux ou inférieurs au smic et les 2 à 3% de ménages privilégiés. Cette approche n'est pas exacte, du moins au niveau des critères d'analyse économique.
En fait les classes moyennes sont définies par une limite supérieure de revenu inférieur ou égal à 1250 euros net d'impôt par personne. Donc un couple sans enfant disposant d'un revenu mensuel net d'impôts de 2490 euros par mois fait partie des classes moyennes. A l'opposé, la limite inférieure se situe elle autour de 1400 euros nets d'impôt pour un couple. Environ 50% des français sont dans cette catégorie classe moyenne. Au-dessus sont les 2 à 3 % de favorisés. En-dessous les foyers connaissant des difficultés plus ou moins grandes, avec en bas 20% de personnes connaisant de sérieuses difficultés de vie.
On le voit cette classification est loin d'être tranchée. D'autant que concernant les classes moyennes elle évolue sans cesse. La rigueur voudrait que l'on parle " des " classes moyennes françaises. Et que l'on analyse leur évolution permanente. Ainsi par exemple les diplômes qui ouvraient naguère automatiquement l'accès au statut classe moyenne n'en sont plus le sésame. Le travail en famille par contre revient en force comme gage d'appartenance au groupe social median.
La vraie question est peut-être finalement : n'assistons-nous pas au niveau des classes moyennes autant que du reste de la population à une remise en cause profonde du schéma social plutôt facile à identifier qui a prévalu depuis près de 40 ans ?
Tout cela n'annonce-t-il pas en même temps certains grands changements économiques, pas toujours bien identifiables et encore moins prévisibles?