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...Si un tel rythme de 12% est atteint, il aura toute chance de se maintenir, voir d'être dépassé, malgré les efforts du gouvernement de Pékin. Et dès lors le marché mondial du pétrole confronté à l'accroissement très important de la demande chinoise, de voir un aussi brutal que soutenu déséquilibre s'établir entre l'offre et la demande d'or noir. Les 100$ le baril ne seraient dès lors plus du tout du domaine de la fiction.
Le gouvernement chinois, et on peut le croire - les exportations annuelles de la Chine atteignent les 1000 milliards de dollars - ne veut pas créer de secousses sur l'économie mondiale. Il en serait l'un des premiers perdants. Mais peut-il enrayer un mouvement dû à la structure économique planétaire dont la Chine n'est qu'un des maillons? C'est que les pays occidentaux, boulimiques de consommation à crédit, Etats-Unis en tête, achètent à tout va les produits chinois, provoquant un excédent commercial chinois annuel de l'ordre de 200 milliards de dollars. Bien sûr la Chine recycle une large part de cette manne en en prêtant une part non négligeable aux pays occidentaux, par l'achat permanent notamment de bons du trésor US. Mais une partie de l'argent ainsi gagné reste en Chine et s'y ajoute aux investissements étrangers - près de 80 milliards de dollars - pour générer une inflation de l'ordre de 3.5% ainsi qu'une situation de surliquidité des entreprises. Tout cela ne peut conduire qu'à une demande chinoise de pétrole de plus en plus forte dans les années à venir. Et il n'est pas sûr du tout que les efforts du gouvernement chinois pour enrayer ce processus soient couronnés de succès. C'est que la Chine est très grande et surtout très peuplée. Et que les forces économiques y comptent de plus en plus. Le PC chinois doit désormais composer avec elles.
Dès lors la prévision des prix du pétrole au niveau mondial dans les prochaines années constitue une bonne question. A laquelle personne ou presque n'a de réponse. D'autant qu'il faut ajouter la consommation d'or noir pareillement en train de s'emballer, d'un pays lui aussi très peuplé : l'Inde.
A terme un euro fort serait-il si pénalisant ? Encore une bonne question, n'est-ce pas?